Pour une poignée de 7e art (par Indy Blave)

Pour une poignée de 7e art (par Indy Blave)

"Valerian et la cité des milles planètes"

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Ultra attendu chez nous, voilà que sort enfin le très ambitieux film au budget pharaonique de Luc Besson.

 

Pour qui était né et surtout en âge d'apprécier le cinéma en 1997, ceux-ci savent que le cinéaste nous fait une redite de son "5e élément" qui fut en son temps sorti dans des conditions similaires avec en ultra bonus la présence de la superstar du moment Bruce Willis. 

 

C'est bien là l'un des grands culots de Besson que de produire ce blockbuster à l'américaine sans le faire porter cette fois par un voire plusieurs acteurs "banckable". Certes on aperçoit bien Clive Owen, Ethan Hawke ou encore Rihanna mais aucun d'eux n'est connu pour ses ravages au box office.

 

Le film est donc porté par les pas très connus Cara Delevingne et Dan DeHan dans le rôle titre. Après tout pourquoi pas ? "Star Wars" en son temps était sorti dans des conditions similaires et a obtenu les résultats que l'on sait.

 

D'ailleurs, comme George Lucas à l'époque, la vraie star du film est le film lui même. La volonté première du papa du "Grand bleu" est de nous en mettre pleins les mirettes avec un film 100 % français pourvu d'un message qui dirait que non les américains n'ont pas le monopole du cinéma à grand spectacle. 

 

Et c'est bien là tout le mérite de Besson que nous rappeler que notre pays est capable de sortir du grand divertissement. Nous rappeler car non jeune spectateur le cinéma de pur divertissement made in chez nous n'a pas attendu Luc Besson pour sortir du cinoche-spectacle. Mais c'était un autre temps où des gars comme Henri Verneuil nous pondait eux aussi des films spectaculaires qui n'avaient rien à envier aux ricains.

 

Alors certes il y a toujours matière voire plaisir à peine simulé d'une certaine presse à vouloir déglinguer en bonne et due forme chaque nouveau film du cinéaste, félicitons nous au contraire de son existence lui qui propose autre chose, en ces temps moroses, qu'un cinéma nombriliste.

 

Et voilà donc un film impressionnant dans ses images vraiment bluffantes. Dans sa volonté d'épater la galerie, Besson remplit pleinement son contrat. Son film s'exprime à 300 à l'heure en ne laissant aucun répit à ses héros et, par là même, aux spectateurs qui n'ont pas le temps de reprendre leur souffle. Ça tire, ça explose dans tous les sens sans jamais donner l'impression d'une baisse de rythme durant les plus de deux heures que dure le film. 

 

Et c'est là sa force...et sa faiblesse. Car à  vouloir trop jouer sur "l'épat", Besson, une fois encore, néglige son scénario qui s'avère quelque peu faiblard et parfois brouillon ce qui a pour conséquence de pouvoir perdre un peu le spectateur en cours de route et de le laisser avec quelques questionnements sur la logique des événements qui se déroulent devant lui. 

 

Par ailleurs, le "Valerian" du titre semble moins intéresser Besson que sa partenaire de jeu Laureline et ce n'est pas étonnant. Après tout, Besson n'a jamais caché, depuis Nikita, son plaisir à filmer des femmes "qui en ont" et à ce titre Laureline rejoint donc Nikita mais aussi Leloo, Adèle Blanc-Sec, Lucy sans oublier Jeanne d'Arc ! Et Cara Delevingne éclipse très vite un Dan DeHan qui paraît tout de même bien fade dans la peau du héros officiel.

 

Delevingne castagne et use de son charme en emportant tout sur son passage. C'est elle la vraie héroïne de cette bd adaptée et le film, après tout, ne s'en porte pas plus mal. 

 

Il faudrait être de très mauvaise foi pour ne pas apprécier ce gros film surtout si l'on aime le genre "Star Wars" auquel il est difficile de ne pas penser à de maintes reprises. Bon il ne faut pas exagérer, ce n'est pas le même niveau, loin s'en faut. Pour autant, le film se regarde sans aucun déplaisir et remplit son contrat de pur divertissement. Dommage que les américains n'aient pas voulu se déplacer pour aller le voir d'autant, par ailleurs, que Besson a eu la bonne idée de confier la musique à Alexandre Desplats dont les notes sonnent sans doute mieux que celles d'un Eric Serra pour ce genre de projet.

 

Difficile de ne pas vous encourager à aller voir ce film en salles histoire de le porter en triomphe et de donner l'opportunité à Maître Besson de se lancer dans la suite. 

 

 

  



30/07/2017
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