Indy Blave, le blog

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"Ma part du gâteau"

 

 

Ma part du gâteau

 

 

Tel Jean-Pierre Jeunet, un film de Cédric Klapisch se fait assez rare dans les parages (environ un film tous les 3 ans). Cela la rend chacun d'entre eux événementiel. 
Le premier événement du Klapisch nouveau est l'absence de son comédien fétiche Romain Duris. Certes ce n'est pas la premiere fois qu'ils ne travaillent pas ensemble ("Riens du tout", "un air de famille"...), mais la non présence de l'arnacoeur dans un film de Klapish a toujours un petit air d' absence curieuse...
Cela dit le réalisateur ne perd pas au change en confiant le rôle principal à un Gilles Lellouche plus en phase sans doute  avec un personnage de trader. L'acteur a plus une allure de requin là où Duris fait davantage dauphin. L'acteur est, du coup, très convaincant dans ce personnage de business man dont on cherche la part d' humanité tout au long du film. En a t il ? N'en a t il pas ? La réponse est loin d' être toute faite.
Face à lui, Karin Viard choix parfait pour cette mère à répétition, paumée, qui peut vouloir se suicider le temps d' une scène  pour ensuite se battre contre vents et marées pour le bien être de sa progéniture.
L'histoire ? Elle oscille entre le bon et le moins bon. 

On retrouve bien la patte Klapisch dans des scènes bien réjouissantes (la joie de Viard lorsqu'elle apprend qu'elle va toucher 100 euros par jour est une excellente séquence) qui donne à son cinéma un niveau au dessus de la moyenne systématiquement même dans des oeuvres un ton en dessous de sa moyenne personnelle.

Et c'est le cas ici. Pourquoi cela marche moins bien ?
Tout d'abord, Klapisch a une vision sans doute trop stéréotypée des deux mondes qu'il présente. D' un coté les traders sont forcément des hommes (et quelques femmes) obsédés par (et que par l'argent, tant pis si des vies doivent en souffrir. Un simple geste de Lellouche en début de film traduit cet état d' esprit, cet état de détruire lorsqu'il regarde un reportage sur une délocalisation sans émotion aucune. De l'autre, la France d' en bas, soudée entre eux, tous enclins à une solidarité que l'on ne soupçonnerait pas dans la "vraie" vie. Même les rapports parents/enfants semblent tomber dans un cliche indigne du ciné de Klapisch. Tandis que Karin Viard, la "pauvre" semble être d' une attache sans fard pour sa progéniture, Lellouche, lui, semble complètement indifférent à son fils dont le scénario laisse suggérer une naissance non voulue. 
Il y a aussi une construction curieuse dans le nouveau Klapisch qui oscille entre comédie légère et film plus sombre. On est ainsi surpris du ton soudainement plus sombre que prend le long métrage lors de sa dernière partie. Et la surprise est d'autant plus grande qu'elle n'en est presque pas logique par rapport à ce qui nous a été montré jusqu'alors. La fin se termine un peu curieusement, en pleine action pour ainsi dire, laissant un curieux manque au spectateur, une certaine frustration. Et à l'arrivée le sentiment que Klapisch nous laisse un message politico-social assez peu mature de sa part suggérant que les riches (la droite donc) sont de vilains méchants tandis que les pauvres (la gauche) sont gentils tout pleins. Trop simpliste. Pas digne de l'excellent cinéaste qu'il est...



06/04/2011
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