Indy Blave, le blog

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"Carbone"

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On n'en voit pas assez mais nul doute que les polars d'Olivier Marchal sont chaque fois un événement quand ils sortent en salles. Il faut dire que l'ex-flic devenu cinéaste n'est pas homme à rester inactif et qu'entre deux réalisations son temps est particulièrement pris.

 

"Carbone" est un bien un "Marchal movie" dans sa forme. Tous les éléments qui lui sont chers sont présents : un "héros" qui flirte avec une illégalité qui ne lui est pas coutumière, des malfrats à la tête patibulaire, des flics corrompus et d'autres pas... tout y est mais encore une fois dans une histoire qui ne rappellera en rien les précédentes. Marchal n'est pas homme à se répéter et ce n'est pas la moindre de ses qualités.

 

S'inspirant d'une histoire vraie, Marchal s'est intéressé à une fraude d'état de grande ampleur qui toucha l'Europe à la fin des années 2000. Comme elle est dure à expliquer, le cinéaste prend le soin de l'expliquer plusieurs fois tel un maître à ses jeunes élèves. Et même si la clarté de l'arnaque peut parfois échapper aux spectateurs, dans le fond ce n'est pas si grave. Pas besoin d'être expert en carbone pour comprendre qu'une arnaque se met en place et qu'un novice en la matière va flirter avec le grand banditisme pour s'en mettre plein les poches. Pour le meilleur comme pour le pire...

 

Ce novice est interprété par Benoît Magimel, nouveau venu dans la famille Marchal, dont l'approche du personnage rappelle celle de Daniel Auteuil dans "MR73" : un gars qui a tout perdu et qui fonce tête baissée sans se soucier des conséquences, s'en préoccupe t'il d'ailleurs ? 

 

Magimel est impérial dans son rôle apportant toute l'étendue d'un talent qu'on lui connaît tant. Il habite complètement son personnage. Il est aussi bien entouré d'une galerie de beaux seconds rôles dont un étonnant Michael Youn qui nous a peu habitué à un jeu aussi sobre et s'en sort du même coup fort bien. 

 

Reste que la mécanique du film peut paraître moins bien fonctionner à cause notamment d'une aberration, une incompréhension même dans le scénario : pourquoi Magimel, devenu riche à millions et même plus puissant financièrement que ses ennemis n'a t'il à aucun moment l'idée de recruter une cohorte d'hommes de main qui seraient à même de protéger ses proches et lui, ainsi que "d'éliminer"  ses problèmes ? La question n'est pas si anodine que cela car elle remet en cause toute la dernière partie du film qui paraît de ce fait assez consternante. Surtout que cela survient après une première interrogation : Pourquoi Magimel attend t'il le dernier jour pour rembourser un gros caïd dont il connaît la folie meurtrière ? 

 

Ces interrogations sans réponses viennent quelque peu gâcher le plaisir de renouer avec l'univers sombre de Marchal qui est bien présent pour le coup. C'est dommage car, sur le papier, le film avait tout pour être à la hauteur de ses illustres prédécesseurs signés par le cinéaste. 

 

 

 



08/11/2017
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