Indy Blave, le blog

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"Switch"

 

 

Switch

 

Il y a quelque chose de déconcertant dans le nouveau film de Pierre Schoendoerffer : D'un côté il y a cette gène face à un film qui n'en finit pas de cumuler les invraisemblances. Certaines sont même assez affligeantes (la mère de l'héroïne se prenant pour Charles Bronson le temps d'une séquence presque comique tant elle est consternante). A l'heure de l'internet, de la surexposition de chacun, on peine très difficilement qu'une personne ne puisse prouver son identité. Le réalisateur a beau répéter fréquemment qu'on est en plein mois d'août et un dimanche de surcroît (tant qu'à faire), les policiers font preuve d'amateurisme surprenant. Comme s'il s'était rendu compte de ce fait, le réalisateur fait d'ailleurs dire à Canto "On est vraiment des bleus".

 

Et pourtant, malgré cela, on passe un très bon moment. Le thème du fuyard poursuivi par une cohorte de flics n'est pas nouveau. Remis au goût du jour aux USA avec "Le fugitif", le genre a été renoué en France grâce au succès de "Ne le dis à personne" de Guillaume Canet. L'an dernier on a eu "A bout portant" avec Gilles Lellouche et voilà que cette année, en quelques mois, deux autres films français traitent de cette fuite. Dans "La proie" un homme, Albert Dupontel, était poursuivi par une femme, Alice Taglioni. Ici c'est le contraire, Karine Vanasse est traquée par Eric Cantona.

Et c'est là tout le plaisir du film de Schoendoerffer : Le film marche à un rythme d'enfer soutenu par l'enthousiasme de ses deux brillants acteurs principaux. Issue de la télé, Karine Vanasse fait ici ses premiers grands pas au cinéma et se montre excellente dans le rôle de cette fugitive particulièrement physique. Jamais dans le surjeu, elle est impeccable tant dans les scènes d'action que dans ses affrontements verbaux avec notre Canto. Ce dernier, une nouvelle fois, en impose. Celui qui, avec Yannick Noah, a connu la plus belle reconversion artistique prouve tout son savoir faire et son aisance de plus en affirmée dans le monde du 7e art. 

Le réalisateur soutient une vitesse de croisière intelligente à son film pour que l'on s'y ennuie pas une seule seconde. Alors tant pis pour les nombreuses invraisemblances, oublions les pour profiter d'un thriller rondement bien mené par un spécialiste du genre qui a bien sa place aux côtés d'Olivier Marchal autre maître ès du genre.



08/07/2011
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