Indy Blave, le blog

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"Flight"

 

Flight

 

Cela fait plus de dix ans que l'on espérait le grand retour de Robert Zemeckis à la réalisation d'un film en prises de vues réelles. Sa période "motion capture" n'ayant pas vraiment été convaincante.

 

Il nous revient avec un film étonnamment mature de sa part, lui qui s'est façonné une filmo (impressionnante) dans un genre purement juvénile. "Flight" est un peu sa "Couleur pourpre' à lui. Le film qui le fait entrer dans un nouveau genre inédit pour lui, le film pour adulte. Le corps dénudé d'une femme d'entrée de jeu donne le ton : on n'assistera pas à un film à la même légèreté qu'à ses débuts. Le film est voulu pour un public plus mature, pourquoi pas le sien,  qui a bien grandi depuis la saga "Retour vers le futur" ?

 

Cela commence comme un épisode d'"Airport" pour s'orienter par la suite vers "Leaving Las Vegas". Le début démarre comme un film catastrophe avec une séquence de crash intelligemment vue de l'intérieur ce qui rend l'atmosphère et le rendu plus impressionnants encore;. Le spectateur est dans l'avion et c'est du grand art comme Zemeckis a su nous le démontrer jadis. 

 

C'est donc la suite du film qui est nouvelle pour lui. Il n'y aura pas d'effets spéciaux dans la seconde partie du film, pas de destin extraordinaire. Et la transition, pas évidente, passe comme une lettre à la poste. Le cinéaste entame d'un coup une seconde partie bien plus sombre sans créer de gêne chez le spectateur et nous surprend par une certaine noirceur. Car en dépit d'une bande originale qui nous berce dans ce que l'Amérique a fait de mieux, notamment dans les années 60, le personnage central, Whip Whitaker, est l'anti Forrest Gump. Ce dernier était un personnage dénigré, rejeté avant d'être un symbole pour l'Amérique. Le personnage principal de "Flight" va avoir le parcours exactement inverse puisqu'il est porté aux nues avant de devenir la désillusion de tout un peuple qui avait cru en lui. L'Amérique propice de Bill Clinton a t'elle laissé sa place à l'avenir incertain proposé par Obama ? En tout cas, Zemeckis dépeint une Amérique bien plus froide qu'à ses débuts.  

 

Le réalisateur s'est offert les services d'un très grand Denzel Washington, assurément dans l'un de ses plus beaux rôles. L'acteur est saisissant de sincérité dans son jeu, sachant créer un personnage qui n'aura ni l'antipathie ni la sympathie du public. Son rôle sera source de débats passionnants autour de la question est-il bon ou mauvais ? Oui il picole et se shoote à outrance mais a sauvé la vie de dizaines de gens. Washington donne la réplique à des partenaires qui sont à leur meilleur que ce soit Kelly Reilly, Don Cheadle ou l'indispensable John Goodman. 

 

Bavard sans jamais être ennuyeux, "Flight' nous confirme toute la grandeur de talent de Robert Zemeckis, cinéaste très mésestimé sans doute malgré une impressionnante filmographie. On lui excuse même une fin qui met un peu trop de sentimentalisme à la sauce Hollywood. Les deux heures d'avant ont été si passionnantes qu'on lui pardonne ce léger aléa final.



13/02/2013
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