« L’épreuve du feu »
Après un court métrage déjà centré sur un amour adolescent estival, Aurélien Peyre signe son premier long. Il y raconte l’histoire d’un ancien obèse, jadis souffre-douleur d’une bande « d’amis » qui ne rataient jamais une occasion de l’humilier. Devenu musclé, obsédé par l’entretien de son corps, il revient sur les terres de ses blessures passées, cette fois accompagné d’une petite amie charmante.
Avec cette nouvelle stature, les enjeux changent. Doit-il céder aux pressions de son vieux groupe, toujours aussi peu mûr, qui l’encourage à quitter sa compagne pour une prétendue partenaire plus « intelligente » ? Car l’élue est manucure, et c’est désormais elle qui subit les sarcasmes des bobos parisiens.
Aurélien Peyre aborde le sujet avec justesse, sans distribuer de rôles caricaturalement négatifs. Après tout, chacun porte encore les maladresses de son âge juvénile.
Mais la véritable clairvoyance vient d’où on ne l’attend pas. La « gentille », la sincère, c’est Queen. Et c’est heureux, car la révélation du film, c’est elle. Anja Verderosa, inconnue jusqu’ici, s’impose avec une intensité rare et devient l’atout maître de ce très beau film.
On aurait toutefois tort de négliger ses partenaires, à commencer par l’impeccable Félix Lefebvre, qui poursuit avec brio son parcours cinématographique. Nul doute que ce duo prometteur fera encore parler de lui — et mérite déjà, à lui seul, le déplacement
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