Indy Blave, le blog

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« Once upon a time in Hollywood »

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Il est là tout beau tout neuf : le nouveau Tarantino ! Après deux films consacrés au western, le cinéaste nous revient cette fois en mode hippie avec ce neuvième film situé en pleine année érotique, la bien mythique 1969.

 

Le titre rappelle bien qu’il s’agit ici d’une époque qui est relatée et non un seul événement, tragique et ultra connu, celui de l’assassinat commandité de Charles Manson envers Sharon Tate et quelques uns de ses convives. 

 

Il n’en demeure pas moins que Margot Robbie campe la malheureuse actrice ici, même si son personnage n’est pas le pivot du film. Au milieu de célébrités réelles, Tarantino s’intéresse à un duo imaginaire, un acteur has been et sa doublure cascade, qui arpentent cette curieuse époque de manière décalée. Ils sont de la old-school et ont l’air d’extra-terrestres débarquant sur une planète qui n’est pas la leur. Dominés par l’incompréhension envers les personnes qu’ils côtoient, les deux protagonistes n’ont de cesse, durant tout le film, d’essayer de trouver les bons rails afin d’être sur la même voie que leurs interlocuteurs.

 

Leonardo DiCaprio et Brad Pitt incarnent ces deux personnages éloignés au possible de leur réalité à eux : tandis que ces deux là sont sans doute les deux plus grosses stars en place sur la zone internationale, ils ne pouvaient être que les meilleurs choix possible pour jouer leurs antagonistes à l’écran et l’on devine aisément que c’est ce qui a amusé en premier lieu Tarantino lors de son recrutement duquel n’a finalement pas été retenue la troisième référence en la matière qu’est Tom Cruise.

 

A ma gauche donc, la star de « Titanic » incarne un héros de série tv qui tente de maintenir la tête au dessus de l’eau en multipliant les rôles improbables dans des épisodes de feuilletons sans grand intérêt si ce n’est, celui majeur, de l’audience qui en résulte. Le récemment Oscarisé montre, une fois de plus, toute l’étendue de son talent, n’hésitant pas, merci Quentin, à nous rappeler qu’il peut être un sacré déconneur. Oui Léo, le très sérieux Léo, nous fait rire au détour de scènes succulentes dont une finale que l’on taira ici mais qui est une merveille d’humour noir comme le réalisateur de « Pulp fiction » sait les faire. 

 

A ma droite, Brad Pitt est le mister « cool » du film. La star de « Seven » apporte sa décontraction, son charme absolu de quinquagénaire et son sourire ravageur à chacune de ses apparitions. Et disons le tout de go : il éclipse en un claquement de doigt Léo quelque soit la situation. Sans diminuer,  ô grand jamais, l’immensité stratosphérique du talent de l’ex « Gatsby le magnifique », il faut bien reconnaître que LA star du film, c’est Brad Pitt et c’est tout. A lui les meilleures scènes, à lui l’humour dévastateur, à lui la beau gosse attitude. Brad a tout pour Iui ici et semble bien se rendre compte de l’opportunité qu’il avait ici de s’offrir un rôle en or qu’il exploite avec tout le talent qui est le sien. 

 

Reste que Tarantino ne focalise pas en permanence sa caméra sur le beau Brad ni même sur Léo. Le réalisateur nous relate sa vision d’une époque phare du 20e siècle notamment dans son pays. Rien d’étonnant à ce que Tarantino se soit intéressé à cette période charnière, ultra riche culturellement que ce soit en terme de cinéma et de musique, prise par un virement radical des pensées qui prenaient naissance. Les prémices de la dénonciation du racisme et de la misogynie sont notamment arrivées à cette époque. On a pu lire ici ou là que Tarantino nous la jouait en mode macho sur ce film où il se serait plu à déshabiller les filles de manière gratuite. Il dépeint tout simplement la réalité d’une époque où la femme, effectivement, n’était encore que trop un objet sexuel. Ignorer cela aurait rendu son film complètement à côté de la plaque et cela Tarantino le sait bien.

 

Et au delà d’un scénario habile, qui va en déconcerter plus d’un de par son extrême lenteur, saluons la méticulosité qu’est celle du réalisateur de retranscrire à la perfection l’ambiance de l’époque et ce, sans l’aide de trucages numériques. Notre immersion, à nous spectateurs, est totale et est assurément la grande force du film. Plus qu’aucun autre de ses précédents films, le cinéaste s’est montré d’une méticulosité extrême en se montrant ultra exigeant avec lui même et cela transpire à l’écran.

 

Le cinéaste prend tout son temps, trop diront certains, pour dépeindre  cette « drôle » d’année et c’est bien là la puissance première de son film. Chaque scène est savoureuse et quel plaisir de cinéphile que d’y voir quelques piliers de l’époque : personne encore ne nous avait donné l’occasion de croiser dans un même film Steve McQueen, Dean Martin ou encore Bruce Lee même si celui ci, pourtant déjà porté par un hommage appuyé dans « Kill Bill », est  curieusement ridiculisé au détour d’une scène qui fait rire ou chagriner suivant que l’on soit fan ou pas de la star de « La fureur du dragon ». 

 

Il y a toujours matière à trouver de quoi faire des reproches à Tarantino ici, comme celle de reléguer à de la quasi figuration celle que l’on pensait voir être la star du film : mais en minimisant le personnage, sublime, de Sharon Tate joué avec la meilleure inspiration possible par l’impeccable Margot Robbie, ce brave Quentin nous rappelle donc sa volonté première qui était la sienne au travers ce film. Et il y parvient le bougre accentuant ce plaisir qu’est le nôtre avec les apparitions, plus ou moins étoffées, d’acteurs qu’on adore venus donner la réplique à nos deux stars : en vrac vous verrez Al Pacino, Michael Madsen, Kurt Russell ou encore Emile Hirsh au détour de scènes toutes plus jubilatoires les unes que les autres.

 

Et, alors que l’on sait de quoi est capable le réalisateur de « Inglorious basterds », on se prend encore à être surpris de la fin hallucinante qu’il nous apporte et que l’on taira ici bien sûr. Mais impossible de ne pas dire cependant qu’elle est digne de son cinéaste et qu’elle ravira ses fans de la première heure. Tarantino a encore frappé un grand coup.

 

 

 



21/08/2019
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